Mais cela ne préoccupe
guère le dictateur de la mode. Voilà bien longtemps qu'il se voit sous
les traits d'un sultan, revêtant les femmes de son harem des tenues
orientales les plus somptueuses.
Il impose à ses esclaves le port du cafetan
et du kimono, du pantalon bouffant et de la tunique, des voiles et du
turban, et elles le suivent avec enthousiasme.
C'est enfin le retour du luxe par excellence
: broderies chamarrées, dentelles tissées d'or et d'argent, splendides
brocarts, galons à franges, perles et plumes rares. Seul mot d'ordre
: l'exotisme.
Car l'Orient tient tout le monde sous le charme
depuis la première tournée - triomphale - des Ballets russes à Paris,
en 1909. Les impressionnantes mises en scène baroques de Schéhérazade
et du Dieu bleu par Diaghilev influencent les arts et les modes,
et jusqu'au style de vie de la décennie tout entière.