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Elles
s'enfoncèrent dans la végétation, empruntèrent des sentiers oubliés
traversant champs, petits bois et plantations. Dans ce labyrinthe vert,
elles perdirent rapidement tout repère. De temps en temps, elles passaient
devant une ferme isolée, abandonnée par ses propriétaires.
Lorsqu'il
se mit à pleuvoir, elles cueillirent de grandes feuilles de bananier
qu'elles tinrent au-dessus de leurs têtes, en guise de parapluies. Les
gouttes tombaient avec force sur les palmes, envahissant Jeanne de leur
rythme monotone. Leur murmure s'amplifia, renvoyé par mille collines.
Un mot, répété à l'infini, se détachait de ce grondement sourd : mort,
mort, mort, mort, mort, mort, mort, mort, mort, mort, mort, mort…
Elles
s'arrêtèrent une seule fois, pour se reposer un peu. Elles s'adossèrent
au tronc d'un bananier, cherchant à se protéger sous sa frondaison.
Mais les feuilles ne parvenaient plus à contenir les trombes d'eau.
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Tu crois que les rebelles sont toujours à Zaza ? demanda Jeanne à Chantal.
Elle
avait le sentiment que tout le pays s'était vidé de ses habitants.
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© 2005, Livre de Poche Jeunesse
pour la traduction française